Quiscale, terreur turquoise et pilules

J’ouvre la boite de dialogue
Je referme la boite de dialogue

(Entrer un message ici) et ça dure depuis des semaines. Des semaines que je sens n’avoir rien à dire. Des semaines seules, ajourés, mortifiés. Pourtant, ce n’est pas la vie qui me manque pour écrire. Ce n’est pas l’envie de le faire qui manque non plus. C’est de le faire. Aucunes plaintes n’ont été envoyés à mon adresse. J’imagine comme dans tout, le silence apaise.

J’enfile une feuille dans la machine à écrire
Je retire la feuille

Aujourd’hui j’ai lu le Petit Prince de Saint-Éxupéry. Le petit garçon qui avait mon nom en avait assez que je m’occupe d’affaires de grands. Alors aujourd’hui, seule journée de repos j’ai lu le petit prince, pendant que le vent dehors faisait le con. J’ai posée la terreur en turquoise bien en évidence sur mon bureau. Pour qu’en me réveillant ce matin elle me supplie d’un peu écrire. Je l’ai ignorée. J’ai dit: «non poupée, tu devras attendre, aujourd’hui ça veut pas.» Elle n’a pas insisté, elle sait que quand ça va pas elle n’y peux rien. Alors elle se tait. Je sais qu’au fond elle se trouve trop verte, pas assez bleue, avec un y tout croche, qu’elle n’est plus très jeune comparée à l’Imac qui me sert de centre névralgique. Mais elle ne sais pas que sa sagesse, au fond, elle me plaît bien plus que tout le reste. Elle n’a pas lu le petit prince, elle ne connaît pas le secret du renard.

J’ouvre WordPress
Je ferme wordpress

Qu’est-ce que j’ai encore à faire chier le peuple avec mes insignifiances? Il y avait ce matin, avant la neige, des oiseaux qui chantaient, ce matin, là juste à la fenêtre. Mon père n’aimait pas les quiscales*. Je me souviens qu’il les chassait avec un gros slingshot rouge. Il disait que ces oiseaux volaient la nourriture des autres plus beaux oiseaux. Je lui avait demandé une fois m’expliquer pourquoi ils avaient un nom aussi étrange. Il m’avait dit: «parce qu’ils crient comme ça.». J’avais trouvé ça curieux de s’appeler par son cri, mais je n’avais pas insisté. Le matin où il y avait des quiscales qui chapardaient très tôt j’étais réveillé par des cris horribles. Des jurons. des câlisses d’oiseaux. J’ai voulu moi aussi un jour chasser les quiscales de la cours, mais comme mon père n’y était plus, les quiscales ne venaient plus non plus. Cette journée j’en suis venu à la conclusion que ces oiseaux aimaient profondément le danger, et profondément mon père aussi, et que pour cette raison, je ne pourrais jamais leur en vouloir personnellement à mort. Cela dit je devint très bon avec un slingshot même s’il ne me servait plus qu’à tirer les branches de saules au fond de la cours. Au début du mois, je suis passé en voiture devant la maison où j’ai grandi. Le nouveau propriétaire avait abattu tous les arbres où l’on accrochait les mangeoires. Il avait supprimé les plates-bandes que ma mère aimait tant cultiver. Le saule manquait à l’appel. D’abord, j’ai cru là à l’ultime trahison de l’espèce humaine. Une terre qui avait tant nourri d’arbres et d’enfance, complètement nue et la maison trônant au centre du vide, morte.

Non, ça c’est plate comme histoire et c’est cliché. Tous les enfants sont des déracinés. C’est comme ça que meurt la jeunesse. C’est comme ça qu’on grandit. Trouve autre chose.

J’ouvre, je ferme, j’ouvre. clope.

J’ai eu peur de n’être qu’un de tes symptômes. Depuis, je surveille mes gestes. J’ai eu envie de t’écrire un e-mail aujourd’hui, mais non j’ai dépensé tout mon temps à faire des affaires plates (tu trouverais ça plate si je te disais c’est quoi) et à essayer de faire une chose potable de ma peau. Sortir de soi avec toute l’hypocrisie que ça comporte et essayer de m’en remettre à je ne sais trop quel mécanisme (je dessine les plans d’un téléporteur dans ma tête) pour te voir un peu aujourd’hui. Depuis que le diagnostic est posé, je n’arrive plus à me défaire ce cette idée délirante qu’en fin de compte j’étais simplement une conséquente de la maladie qui te hantes.

Clope.

soit, nous sommes devenus de grands enfants. Je m’ennuie de toi petite femme de 24 ans:
Je repose en d’autres bouches
j’ai voulu mettre le plus de moi
dans ton appartement
j’ai voulu m’installer
infiniment
entre la laveuse et la sécheuse
prendre la place de ton chat
prendre la place des meubles
J’ai une drôle de façon de me souvenir de ton corps: sa saveur de pichets
je les imaginais ton sexe, ton odeur
tu n’étais pas un bain chaud
(pas comme elle)
tu étais la lumière
d’un jeu de baby-foot
et moi, shaman,
j’ai mis le feu à la cuisine
à la cîme des cèdres
à ma maison d’enfant
en t’embrassant une fois puis une autre

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*Toi aussi tu veux voir un vidéo de Quiscales sur de la musique des années 80. Merci Lorraine Martin, que je ne connais pas.

«Écrire dégueulasse»

Je m’épivardes en jours pas de fonds. De journées pas de poésie, pas de rimes, même pas freestyle, juste du plain dull sweet fuck all. Je ne me plains pas. Le passage à vide est nécessaire, salutaire, voire souhaitable. Je parle de passage à vide exactement tel que d’autres parleraient d’internements. L’image est pas fausse. J’avais commencé ces récits chambranlants sur cet infâmeux blog par le désoeuvrement (j’m'en rends compte) du temps des sans-emplois, des sans-logis (squatteur de famille) et du montage sonore. Désormais, le renversement c’est opéré: je le fomentais depuis un moment déjà au creux de mon pancréas.

Alors ce nouvel emploi. Je ne sais pas ce qu’il me fait. Ce cours de gestion de moi, je ne sais pas ce qu’il me fait ni pourquoi. Reste que, l’envie d’écrire elle, se ravive et que j’ai une grand gueule. J’en jase partout tout le temps. Je dis que je cris un roman à n’importe qui qui me pose la question. J’ai une espèce de fierté à dire ça. Ma grosse yeule. Mais non. Anecdote de bateau de nuit:

Écrire Dégueulasse

Installés au fond de la salle près du vieux Tonneau. Tu revenais du Caire avec une tête pleine de sable, de désert, la tête pleine de politique arabe. Tu m’expliquais ça une pinte de noire aux lèvres. Tu m’expliques la fascination mystique des dunes. Le calme étrange des étendues blondes d’où le tumulte des hommes poins soit frénétique, soit hallucinatoire. Tu le disais comédie noire ce pays cependant à voir ta flamme je l’imagine encore plus complexe, étrange, complètement digne des romans de Frank Herbert (pour le besoin de la cause, ma seule référence en matière de littérature sablonneuse). Tu me dis:«Presque ça» en engloutissant une goulue gorgée de Stout. Tu soupires. «Quand j’étais jeune souvent j’avais envie de m’évader. Tu sais, quand tout deviens trop difficile et trop assourdissant; t’as cette place dans ta tête, moi sans que j’décide quoi que ce soit, c’était le désert mon lieu pour faire le vide. Quand je me sentais trop nerveuse ou trop mal j’allais faire le vide dans des dunes. Et j’ai jamais compris pourquoi j’avais choisi le désert, je viens pas de là j’ai jamais vu un désert.» Là je te regardes fasciné. J’ai souvenir que ma bouche t’as posé une question et tu recommences: «Oui Quand je suis arrivée au Caire j’ai eu une espèce de sensation de déjà vu. J’ai tout de suite vu que Le Caire, c’était ma ville, T’sais j’veux dire Québec c’est la ville où j’ai grandis et où j’ai mes attaches mais Le Caire c’est la vie où je veux être; et là en ce moment, j’ai l’envie d’y retourner.»

C’est le moment de la seconde pinte. (Il n’y en aura que deux pour cette soirée.) Ce n’est pas immédiatement que nous commandons. Avant il faut que quelques uns de tes amis viennent nous rejoindre. Des gens qui ne connaissent pas la place. Jeunes, donc, mais pas tant. L’une plus mature que l’autre. On sens ce genre de choses au fur et à mesure que les secondes s’égrènent sur notre dos et en plis l’échine. Dehors nous les attendons, elles approchent, présentation sommaire et autres «Salut moi c’est…» et qu’on oublie tout de suite après. nous réintégrons le Tonneau du fond de la salle que nous commandons la seconde pinte.

À ce point, il s’effectue un phénomène connu. Les liens des relations distendues entre les personnes se raffermissent. Soit d’alcool, soit de connaissances interposés. Autour du Tonneau s’agglutinent une masse impressionnante de gens disparates et dès lors plus personne ne parle plus vraiment avec personne en surnageant sur un sujet de discussion vacant et polyphonique. Le Tonneau tangue plusieurs fois. On fait connaissance et autres «Salut moi c’est…» et qu’on oublie tout de suite après. Ris beaucoup de tout un chacun,  prenons des photos de cellulaire. Pour quelle raison au juste? Je n’ai pas trouvé de réponses. Ni jeunes ni vieux dans une espèce de cacophonie des faits vécus, relatés, frelatés (deuxième pinte aidant) s’évertuent de prouesses verbeuses. Mais moi je repense à ton désert. Et oui, cette nuit là j’ai beaucoup affirmé que j’écrivais aussi. Toujours à la gène par contre. Comme si j’édictais une forme rare de secret ou d’hérésie. Oui je veux faire ça. Je ne veux faire que cela. «Ouais ben j’ai une idée en tête, je t’en reparlerais plus intimement». Quand la houle se dissipe, qu’il reste, moi, toi et quelques uns toujours suspendus au Tonneau, là je décide d’aller aux toilettes.

Les toilettes du Bateau sont punks. Mais c’est même pas cliché de le dire (J’ai des photos à l’appui). Je me recueille dans des graffitis plus ou moins intellectuellement valables. Ça m’apaise voir que sur le même mur un appel à la révolution côtoie une joke scatho. J’émerge vide de fluides, bien à l’aise. Continuer la soirée? Non pas très longtemps encore. Il faudra reprendre le bus pour Orsainville bientôt. Le dernier est à 1:30 AM.

Je bifurque tout près du Tonneau. Là y’a un gars. J’lui dit salut, y me dit salut, on se salue pour tout oublier ensuite. J’pose deux trois questions (là à ce moment là c’est vraiment l’alcool qui fait que je formulais mes questions hors de ma bouche). À lui aussi j’lui dit que j’écris, je fais rien que ça, que j’ai rien que le goût de fire ça. Pis là y se met à tout me raconter. Sa vie, ces exes, la piquerie qu’était devenu son appartement à un moment de sa vie. J’arrive pas à croire tout ça. Y me parle des putes. Que les putes sont tristes. Y me demande sur quoi j’écris. Je balbutie. Mais quoi qu’on dit à un dude, rendu presque minuit et demie quand t’a deux fois une pinte de 7% d’alcool dans le corps et que tu te penses écrivain? Comme n’importe quel idiot j’articule: «Le vrai, le sincère». Pis là y me regarde. Y me dit que j’sais pas dans quoi j’m'embarque, que j’ai aucune idée de quoi je dis. Y s’fache le gros criss. Moi aussi j’me fâche. On gueule, on crisse de tabarnak. On allait se frapper. On se trouve stupide.

Un ange passe. On se raccroche au Tonneau.

Y me dit: «Mon homme, y’a une affaire qui faut que tu saches si tu veux écrire, y faut que t’écrives dégueulasse» J’le toise. De kessé que c’te carpes-là et en train de me télégraphier? j’fait: «Han?» Pis la y me dit: «Ben oui osti, écris pas propre, écris comment que ça se passe, écrit dégueulasse parce que la vie est dégueulasse.» J’fais un: «ah ouain men…» approbateur.

RE-un ange passe.

On s’dit salut, je lui dit salut, il me dit salut. J’lui demande son nom. Mais je l’ai perdu (2x 1 pinte à 7% + quelques verres ) J’ai pas retenu son nom. J’pense que c’est Françis. Mais pas sur pas sur.

Sur le chemin jusqu’au bus (Canot de sauvetage), j’y pense à sa maxime: «Écrit Dégueulasse». Mais quoi?

L’épisode du bateau de nuit se passe quelque part fin Septembre. Depuis, pas de nouveaux. J’attends beaucoup de nouvelles sur beaucoup de dossiers. Mais j’attends. Je cogite un retour à l’université et je ne règle pas les questions fondamentales du quoi, où, pourquoi.

Je travaille présentement dans le domaine des sondages téléphoniques. Ça me ferait beaucoup d’histoires à raconter. Un contrat m’en empêche. Mais si vous saviez les histoires de pas d’allure. J’ai un don pour se faire confier les types. Parfois je parle aux gens et ils me racontent la vie. Une vie mal vécue. Peut-être ça écrire dégueulasse.

Mais magnifier cette lourdeur n’en libérera personne.

One way trip to Dompeville

Ça prend peu pour chavirer. On se laisse un peu soi-disant dans un trop grand gris et c’est là que se lézardent les pans de la réalité. On se transforme dans un amas, un slime, une grosse dompe de gars sur le plancher de ton salon laid. Il fallu peu pour dédouaner à Dompeville. On a presque pas besoin de faire contrôler ses bagages à Dompeville. Quand tu rentres, le fantôme des amours cassés te refile une shot d’alcool fort, vert de vessie, une ligne de poudre bleu de cobalt. Tout de suite t’apprends que ton appart est dans l’fond d’une espèce de rue en cul-de-sac après que t’ailles passé la rue des martres, la rue des wapitis (détour via la rue des Lynx).

T’imagine une fille dans une éclaircie douce-amère de lampadaire qui joue sur un piano d’air une espèce de toune d’Erik Satie. Tu te dis: la fille il faut absolument qu’elle joue du Erik Satie. Parce qu’il fait laid de par les bouleaux décharnés de Dompeville. Qu’après la fin de la fin d’autobus y’aura plus rien que du mal, du gros mal sale avec les yeux disneyesque

Rassemblant les miettes de toi qu’ils ont dispersés aux quatre coins des nulles parts. tu t’imagines soudainement, loin, très loin, n’adressant vraiment plus la parole à quiconque. Sauf aux Quidams de l’autre Dompeville que t’aimera plus parce que tu l’aura choisie.

Ça doit être malade de vivre dans l’espace

Le froid rapide s’infiltre entre les vêtements et la chaleur est lente. Orsainville reste inébranlable et monolithique. Une énorme pierre où j’y sculpte des facettes flegmatiques. Sur le balcon, je vois les lumières de la station spatiale internationale ou d’un avion (je ne sais pas faire la différence la nuit). Je me souviens des points de vue. Et comme être ailleurs ou regarder le monde d’un point de vue aérien change les perceptions, mais à quel point il empêche de concrètement comprendre, seulement prendre.

J’ai commencé depuis la fin de septembre un espèce de cours de gestion de soi pour artiste. De son petit nom «Gestion de Carrière Artistique» ou GCA. J’entends rire là au fond de la salle. Mais ne riez pas trop parce que j’ai un peu envie d’en discuter. C’est donner en partenariat par le Centre Jeunesse Emploi de la Capitale-Nationale et l’Ampli de Québec. Durant les premières semaines (donc, depuis que c’est commencé) on y va un peu à fond la caisse sur la connaissance de soi et sur l’établissement d’un scénario de projets (à quoi je veux me consacrer durant l’année et demie à venir).  Pour l’instant c’est de compartimenter et de comprendre les vicissitudes des différents processus créatif et de soi. Alors on se tape des cours de gestion de stress, on découvre notre potentiel avec de l’écriture automatique. Bref, malgré que parfois je me sens dans un espèce de cours d’ex-alcoolique, je trouve ça plutôt bénéfique. Naïvement je vois des tensions qui s’annihilent. Si tout ça est bien,  je n’y pense pas. Ça me fait faire quelque chose et je sais que plus tard on aborde des sujets plus concret.

Mais d’être en apesanteur, devant un projet que je viens de définir les paramètres. Malgré les outils dans les mains. Quelle impression déroutante. Moi qui voguait dans un flou confortable pas HD pentoute. Et tous ces autres projets satellites que j’occulte en voulant poursuivre celui-là. Dire qu’en plus je suive ce cours pour préciser mes moyens. Ce n’est pas grand chose écrire. En définitive, il ne me semble pas qu’il y ait exercice plus banal. Le grandiose est dans autre chose. Dans le lien que cet acte réussit facilement ou difficilement à établir entre les gens.

Pendant qu’en cette cage en forme de condo toutes les semaines j’en reviens à ces angoisses de début de semaine je me console en disant que d’ici j’ai un oeil différent, qu’il est temps par contre d’entrer .

Sur une note plus éditoriale: Le magazine Katapulpe où j’avais réussi à faire publier une nouvelle (en décembre 201o je pense, ça fait un bout) à revu sa politique éditoriale. «Désormais, Katapulpe ne publiera que des auteurs-étudiants inscrits aux cours de création littéraire et cercles d’écriture des établissements collégiaux et universitaires du Québec.» J’adore ce fanzine. Il est je crois, un joyaux de littérature dans la capitale-nationale qui manque de ce genre d’initiatives. Cet ajout à leur politique éditoriale, restreint la possibilité de contributeurs à un groupe précis: les étudiants et rejoint du même coup la mission qu’ils s’étaient données: faire sortir des cartables la littérature. C’est une démarche honorable. Par contre dans cette ville qui manque cruellement de voie divergentes et d’ouvroirs, où l’unique chemin est la conformité et l’idéologie du cloître; de voir des initiatives comme Katapulpe donnait une certaine couleur à la rigidité des options et participait à l’élaboration d’une vie culturelle et d’une littérature. J’ai vraiment foi que Québec pourrait devenir un terrain fertile de littérature potentielle, si elle accepte de se laisser surprendre par sa polyphonie… D’ici là props les gars, j’vais profiter de c’que Montréal a à offrir… (péesse: c’est probablement la seule fois que j’vais d’adonner à l’édito, je suis pas bon là dedans)

Dessin pas forcé

Dessin pas forcé

Composition bancale.

Le titre est optionel

De par le hublot que j’ai sur presque rien, la fente qu’il y a là, percée dans les murs d’une chambre; de par cet enfermement forcé d’où j’y traîne la vie, chienne; de par finalement les addictions qui poussent la mise à mort de l’enfermé et sa fuite vers la prochaine dose; là, il y a moi, qui vraisemblablement, dors. J’essaie de nouvelles couleurs sur des tableaux trop petits. Je fais mes rêves plus modestes. Je me dépouille: de l’école, des responsabilités, du temps à consacré. J’expérimente une nouvelle sorte de liberté. Je prépare une autre fuite.

Pour l’instant les couleurs que j’épands sur le coton ne fonctionnent pas. Nouvelles couleurs, nouveaux contextes, première reprise en main depuis maintenant 6 mois. Nouvelles formes. Et l’abstraction qui s’impose en facilité, alors que je lutte, constamment contre la perte d’une représentation. Demain, à la véritable lumière, je verrai combien ces couleurs s’insultent et alors peut-être il faudra tout recommencer. Ce soir, j’ai été gourmand, alors que les chemins doivent être pauvres.

Et tout ce non-sens m’apparaît clair dans l’obscurité dimanche 2 septembre 1:49 à Orsainville.

Une main ratée

Une main ratée

Une main ratée, La dame dans l’autobus derrière moi m’a fait jurer de ne plus barbouiller de croix sur mes dessins.

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