Flux de conscience #3456775371 (dont tu te câlisses)

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Et quand cette clameur du monde, quand ce frénétique réarrangement du monde autour de lui-même, cette sphère virtuelle dans laquelle on se meut, ne suffit pas. Il ne me reste rien sinon qu’encore les petits rien, les petites épiphanies quotidiennes et le vrai, dehors juste derrière la porte qui pulse. Puisque ça arrive inévitablement, de se perdre en vains billets en vaines images publiés: en commentaires futiles, surtout, ah surtout ça. De dire à tous qui ne veulent pas l’entendre qu’ils ont tord. Mais de s’enfermer. Je m’enferme. Je reste loin des choses d’internet un bon instant un an presque mais dépendant toujours. enfin c’est pratique pour certaines choses. Moins pour d’autre. Circonvolutions et autres fatras dans le démantèlement du coeur. Les choses ne se sont pas règlés mais on agis. Les manifestations passés n’ont servies à rien, mais on a agis. Celles qui s’en viennent serviront à… quoi? Eine kleine Nachtmusik sur la distorsion ou une autre tentative de civiliser la nuit, la part sombre, la folie, Eine kleine Nachtmusik une chose trop douce pour dompter la peur (mais ça marche pas, tu le sais). Continuer. Plein de projets, peu de temps si peu de temps et tout se projette telle une grosse musique minimaliste très répétitive.

Les plaines

Québec-ville, la nuit d’un 23 juin de cette année.

Il faut être; sinon inconscient, sinon abnégationniste, franchement aveugle pour ne pas remarquer le silence de toute une ville un soir où l’on remarquait jadis une effervescence contagieuse. Hier j’ai vu, louvoyant entre les plaines et la basse-ville qu’un silence inquiet timidement brisé par des «Bonne Saint-Jean» comme murmurés entre conspirateurs, des capitaines-québec (vous savez ceux qui se promènent avec une cape fleur-de-lysée) chef d’aucunes fiertés. J’avais, avec ma copine, pris la décision sage d’être le plus sobre possible cette année et en lieu d’une rituelle virée aux plaines, nous avions plutôt décidé d’aller voir les tableaux de Leduc, Lemieux, Pellan et Riopelle au MNBAQ qui nous faisait le cadeaux de rester, hier, ouvert jusqu’à minuit. Vous direz que je n’étais pas au bon endroit pour voir de l’effervescence et du plaisir. À l’extérieur des murs du musée, pourtant, le mutisme consacré du lieu se manifestait. 

C’est en disant, je pense, la peur d’être vue hier, que je pense faire le plus plaisir à ceux qui ne croient plus au Nous distinct dont nous avons mis un demi-siècle à construire, et du même coup, amoindrir la force vive de ceux qui y croient encore. Je ne pense pas pouvoir plus mal faire qu’en disant qu’hier je n’ai pas été une seule seconde «québécois». Devant les vitraux automatiques de Riopelle, j’ai senti par contre l’appel d’un âge (somme toute pas si lointain) demandant le plus-que-soi-même. Non pas le nationalisme, terrain je conçois maintenant trop glissant, mais le besoin d’accomplir du au-delà-de-soi pour le commun, la famille d’un peuple. Comment ne pas être ému devant l’oeuvre d’un homme qui aux derniers jours de son passage terrestre se consacre à une fresque immense qu’il dédie à la résistance? 

Je ne crois plus aux révolutions comme le pensait probablement possible nos ancètres. Je pense que nous vivons dans un contexte où justement les révolutions sont la norme (des révolutions questionnables, certes). Ainsi l’idée n’est peut-être plus de converser des paradigmes (ils y en a autant qu’ils y a d’individus désormais). Mais concentrer. 

Je chiale comme un chialeux de salon inutile. Demain se poursuivront les trajets de nos petites vivances parallèles. Sur les terrains vides nos espoirs, sous les plaines, les boulets de canons dorment toujours.

Pancarte

Nous sommes à un jour du vote mon beau grand Taschereau de remparts, de hauts pis de bas instinct, de Parlement sourd pis d’hiver qui finit pu. Je me disais que cette année quelque chose me donnerait le goût de le faire, que les évènements politiques ne seraient pas trop cyniques pour que j’aie véritablement le goût de le faire: d’analyser les pancartes par jeu, par gaminerie. Mais comme dans la politique tout est un peu, désormais, soit prédigéré pour mieux faire passer ou horriblement inintéressant pour occulter, telle aura été cette campagne,encore sempiternellement. Je n’ai pas voulu écrire avant parce que j’attendais d’avoir un propos qui surpasserait l’analyse plate pour aller au-delà des images. Il est toujours plus puissant d’aller outre celle-ci dans un univers mental dégagé. Or, pas d’échappatoire possible. Nous sommes enfermés dans l’empire de la pancarte, dans l’empire de l’image, dans l’empire de l’«adhère-aveugle».
Nous ne pouvons que briser de nous-mêmes.
Désolé de ce paragraphe préambule pathos. Je m’emporte dans le pessimisme moi-même. Quand je vois l’idem des idées présentées avec le comptoir des viandes de mon Intermarché de quartier, ô mon Taschereau moribond de désassemblée nationale. Mais voulez-vous vraiment de ce steak-là ? Mais voulez-vous vraiment de choses aussi idiotes que les idées véhiculées dans cette campagne ? De choses aussi petites ? Et quelles idées ? Justement ? Évider les idées. L’austérité ? L’économisme de l’Humain ? Mais surtout la peur. Ayez peur. N’ayez que peur. N’ayez que peur de l’encore pire. Votez de l’épiderme pour n’importe quoi. Votez contre pour la peur. L’humiliation de nous présenter pendant un mois et demi de nouvelles idées aussi nourrissantes que le repas frugal traditionnel d’«un homme et son péché». Alors que notre seul péché reste le désespoir.

J’aimerais connaître l’histoire alternative de nos luttes. Du pied des remparts de ma ville voir de vieilles guerres se résoudre. Pas des faces menteuses. Retirer les boulets de canon du sous-sol de la ville. Réécrire une constitution. Penser, penser dans l’espace dégagé. Mais il a de moins en moins d’espace vital alloué, et de plus en plus d’espace publicitaire.

Ne plus rien en savoir de se faire dire. Et dire ? Mais qui t’entends petit puceron de rien. Mais qui t’entends affairés qu’ils sont. Pauvre petit gamin avec le mot liberté en bouche. Penses-tu vraiment toi-même ? Où t’es aussi une image publicitaire. MYSELF TRADEMARK dans le pays du fuck all.

Désolé le pathos.

Cette matière est bonne si elle brûle
dans l’immensité d’un corps immense
immatière-moi
les personnes en
masses de corps
infranchissables

Première récolte: Pronostic

Première journée, premières prises de photos de pancartes. Dans ce Taschereau central, terre d’accueil de l’hôtel du parlement, les pancartes se dressent. Suite à ce que j’ai écrit hier je suis allé aujourd’hui, faire une petite chasse aux pancartes. De cette première récolte, un premier constat, une première surprise, les trois partis dont j’ai vu la pancarte (QS, PLQ, PQ) ont fait un excellent travail. Excellent travail, mais bien sûr analysable, critiquable, soit. J’ai l’impression, un peu égoïste, oui, que les partis m’ont écouté depuis la dernière campagne. Le contexte étant différent, aussi, ma critique devra et sera moins cinglante. J’avoue, avec amertume certes, que les pancartes sont très belles, certaines convenues (j’y reviendrai) mais la plupart superbement réalisées. Eh oui. «Superbement réalisés» je n’aurais pas cru pouvoir dire cela d’une pancarte. Je me suis même surpris à vouloir en afficher quelques-unes dans mon salon (drastique comme ça). Toutefois, malgré ce premier regard surpris et partisan du travail exécuté sur la bouille de nos candidats, je me réserve le droit de réviser les photographies recueillies et je vous reviendrai avec des propos plus ou moins élogieux. Notons, aussi, que ce n’est pas toutes les pancartes qui sont affichées. Notons — du moins dans Taschereau — l’absence remarquée de la Coalition Avenir Québec, d’Option Nationale (qui récidivera probablement sur sa stratégie digitale et de pancartes financées sur les dons comme en 2012, quoique rien ne soit annoncé il me semble), l’absence aussi des autres partis satellitaires et des indépendants. J’attends toujours aussi vos envois, j’en ai déjà reçu quelques-unes, je vous en remercie, j’en attends beaucoup d’autres.

I Need You!

J’ai besoin de vous

Samedi 8 mars 2014

Lancement de campagne électorale il y a trois jours, et déjà dans ma circonscription (Taschereau… pas très loin du Parlement) les poteaux se fardent de belles bouilles fatigantes qui te sourient pis qui te sourient tellement…. Pour t’hypnotiser, de leurs belles dents blanc #FFFFFF sans doute…

J’avais fait l’exercise durant la campagne de 2012, alors qu’à l’époque nous avions notre émission à CKRL moi et des potes. Et j’ai envie de récidiver cette année, c’est-à-dire je vais faire l’analyse formelle, visuelle et graphique des différentes pancartes électorales. Le but avoué de l’opération est bien sûr d’offrir à la classe électorale une base de donnée critique et analytique de leurs communications graphiques et de relever les bons coups et les moins bons coups. Je ne le fait pas dans un but partisan (Quoique, est-ce que c’est possible de ne pas être partisan de quelque chose?).

Alors nous parlerons couleurs, typographie, message et photographie. Et pour aller plus loin qu’aux dernières élections j’ai besoin de votre aide. Oué-oui TOI, toi qui vit dans des circonscriptions moins plates que Taschereau, OUI toi qui a dans sa circonscription électorale des partis aussi exotiques que le parti Marxiste-Léniniste de Québec, Toi qui a Martine Desjardins ou Leo Bureau-Blouin comme candidat sur son bulletin de vote, toi qui a vu les meilleures pancartes I NEED YOU pis ton smartphone ou ton appareil photo pour photographier toutes les pancartes que tu croises dans ta rue favorite ou moins favorite, I NEED YOU parce que t’as vu la plus malade parodie sur le web, pour garder des archives et étoffer mon propos et allez plus en profondeur que la dernière fois. I NEED YOU!! Toute ton toi, toutes mes vous autres, gang de chanceux, j’ai besoin de vous autres parce que cette fois-là je veux être préparé et pouvoir vous livrer le meilleur de moi-même dans mes articles de critiques de pancartes électorales. Pour ne plus que notre image de la politique ressemble à une annonce de Remax.

Ce que je cherche:
—Photos de pancartes dans la rue (veuillez spécifier la circonscription et/ou le coin de rue);
—Parodies de pancartes vue sur le web;
—Street art à saveur electorale;
—BREF tout ce que vous voyez se rapportant à l’image de la campagne;

Dans le but:
—d’en faire la critique et l’exposition dans des articles sur ce blog, les articles prendront un caractère humoristique, satyrique, tout en restant sérieux, je suis bon là-dedans;
—d’avoir du gros fonne noir;
—d’être un p’tit peu iconoclaste, un p’tit peu baveux, mais gentil (dans la position hype et cool du consensus mou);
—de publier ces articles ici même;

On envoie ça:
—à mon adresse courriel: ici
—sinon par Twitter ou Facebook

Pour entendre les chroniques radio de 2012 c’est ici.

D’ici là stay tuned je commence bientôt.

1302

1. INT. SALON À ORSAINVILLE — NUIT

Le salon d’un appartement épuré aux volumes froids d’un design scandinave et décoré de quelques plantes vertes est faiblement illuminé par une lampe sur pied. Un téléviseur énorme style écran plat sur un meuble rouge minimaliste diffuse le générique d’un film européen. un HOMME (Simon) est assis sur le divan en cuir rouge jouxtant la lampe et pianote sur le clavier d’un ordinateur portable style MacIntosh. Il s’arrête. Il regarde quelques secondes le téléviseur. Recommence son écriture.

Simon (H.C.)
Je parle de peu de choses. Et donner un sens à tout ça, encore moins le goût. Si faut commencer dans l’action alors que rien, vraiment ne s’entame. Ce que j’y peux? Sais pas. Sans grave incidence. Devrait être plus constant et oublier le rêve du tout beau et mettre encore quelques kilo-octets de plus dans le grand Hive-Mind d’internet. Pourrait aussi dire quelques mots sur c’que j’ai fait. Là encore, quelle importance.

Le téléviseur diffuse maintenant les nouvelles…  » Déces de l’acteur Peter O’Toole, Élection de la socialiste Michelle Bachelet au Chili, Maintenant une analyse des habitudes de consommation des biens nantis pour Noël… » Il ferme le téléviseur. Je ferme le téléviseur. Le fermes-je vraiment? vous ne saurez pas. Vous ne saurez rien, mais vous aurez accès à tout. C’est terrible l’abnégation avec laquelle on se dévoile. J’ai reçue une tuque crochetée de ma mère pour ma fête. C’est utile et c’est beau. Encore une émission sur l’économie. L’économie est une nouvelle religion dont les bonzes cravatés se gargarisent avec discours alambiqués pleins de mots vidées de sens. On taxera ensuite les poètes à la même chaîne d’obscurantisme littéraire, d’écrire pour ne pas être compris. Je devrais me compromettre ici plus souvent. dire des choses pertinentes. Avoir l’air intelligent. Dire que mon monde est inculte et barbare, regarder des films jusqu’à très tard dans la nuit. Et poursuivre des études. Quêter de l’argent pour poursuivre des études. Rêver, peut-être qu’une chose je ferai.

Il est tombé 30 cm de neige aujourd’hui. Des sorties de routes et des carambolages. Je pense à pays autres. Ici c’est une habitude. À qui je m’adresse donc en écrivant ici?

Madame Marois, pourquoi voulez-vous détruire le Canada? Moi personnellement, je pense que ce patchwork n’a pas raison d’être. Mais il est tard et je n’ai pas d’arguments. Le téléviseur du récit continues dans la réalité son soliloque et, isolé, dans le tumulte des vents et de la poudrerie les bouches des canons se bloquent et gèlent. Je termine mes derniers travaux pour mon cours d’Écriture Médiatique (Série Télévisé) bien emmitouflé, bloqué chez ma mère par l’arrêt des autobus.

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